Dans quel esprit pratiquer?
Zazen sans rien à gagner
Extraits d’un texte du Révérend Issho Fujita paru dans Dharma Eye, le Journal du Soto Zen. Traduction Joshin Sensei.
M° Dôgen écrit : « Quand vous êtes assis, droit, sans idée de gain ni de perdre, sans rien à réaliser, alors immédiatement ceci est la Voie des Patriarches. » Et : « Ne pratiquez pas zazen avec l’idée de gagner, ou de réaliser quelque chose. Ce serait diviser zazen en deux et ce ne serait plus du tout la Voie du Bouddha. » Je pense que cette expression « rien à gagner » est la clé de la compréhension de l’enseignement de M° Dôgen concernant zazen. Pour moi, cela et « se tenir droit » sont deux concepts d’importance égale dans la pratique du Zen.
Peu importent les circonstances, il n’y a dans cet instant aucun besoin d’ajouter ni de retrancher quelque chose. Le présent ne manque de rien, n’a rien en trop. Il est absolument parfait comme il est. Parfait et sans défaut et c’est pourquoi le présent peut atteindre ce présent comme présent. Essayer, par nos propres plans et formations mentales, de faire quelque chose à propos du présent pour qu’il devienne quelque chose d’autre n’est qu’une tentative d’évasion désespérée.

Ce n’est que lorsque nous sommes simplement assis, ayant abandonné la poursuite des idées imaginaires que nous avons construites dans notre tête à propos de la « perfection » qu’il est possible de rencontrer le présent, qui, depuis le début, n’a rien en moins ni rien en plus.

Le temps passé à s’asseoir sans rien gagner et sans rien « faire » peut sembler, en termes de marché, du temps gaspillé car rien du tout n’est produit. Pourtant, c’est là que le soi peut rencontrer la perfection absolue du présent, qui va imprégner le soi – et il n’y a pas de plus grand cadeau.

